Je ne sais pas pour vous, mais dans ma famille, j’ai appris à anticiper les besoins des autres, à interpréter leur langage non-verbal et à me conformer le plus possible à ce que je pensais qu’ils attendaient de moi. Toutes ces stratégies m’ont permis de « survivre » durant mon enfance et mon adolescence. Malheureusement, arrivée à l’âge adulte, elles sont devenues des pièges relationnels. Je n’arrivais pas à être satisfaite en relation, je vivais de la frustration (colère + sentiment d’injustice), je me sentais prisonnière.
En cherchant comment me libérer de ces entraves, j’ai trouvé cet enseignement: la psychologie de la responsabilité en relation. La mise en oeuvre de ces nouvelles stratégies a fait une grande différence pour moi. Je vous les partage aujourd’hui.

La responsabilité en relation

Premièrement, parlons un peu de la responsabilité. La plupart du temps, nous la confondons avec culpabilité. Ce n’est pourtant pas la même chose!
La responsabilité se réfère à notre capacité à assumer qui nous sommes et les conséquences de nos actions sur autrui. En relation, la responsabilité nous encourage à discerner et à nommer authentiquement nos émotions, nos ressentis, nos états et nos besoins. Elle implique de reconnaître que nous avons les moyens de prendre soin de nous-mêmes, seul.e et en relation.
C’est très différent de la culpabilité qui découle d’une faute commise, ou d’un sentiment d’avoir agit à l’encontre de nos valeurs. La responsabilité est propulsante. Elle nous amène vers la satisfaction de nos besoins. Alors que la culpabilité nous pose au sol et nous invite à prendre un temps d’arrêt pour s’excuser et pour réparer la faute ou l’affront commis.
« Lorsque je prends la responsabilité de mon ressenti (émotion) et de mes besoins, je suis à même de passer à l’action et de poser le bon geste, de dire le bon mot au moment opportun. »

Reconnaître nos besoins en relation

Deuxièmement, il me semble important de préciser la notion de besoin. Nous avons tous des besoins. Nos émotions sont des indicateurs du niveau de satisfaction de nos besoins psychiques et psycho-physiques. Lorsque nous canalisons l’énergie de l’émotion, elle nous invite à passer à l’action vers la satisfaction de nos besoins. Il y a des besoins auxquels nous pouvons répondre seul.e: dormir, manger, s’aimer soi-même, apprendre… Et d’autres besoins relationnels qui ne peuvent être comblés qu’en relation: être touché.e, câliné.e, être valorisé.e, être entendu.e et bien d’autres encore.

Mêmes besoins et Différentes façons d’y répondre

Lorsque nous sommes en relation avec une autre personne, chacun.e d’entre nous porte des besoins spécifiques et des façons particulières de les combler. Effectivement, même si nous avons tous et toutes besoin d’être respecté.e.s, la manifestation de ce respect va être différente d’une personne à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une famille à l’autre.
Il est donc tout à fait primordial de faire un travail de reconnaissance de ses besoins spécifiques et du « comment » ils sont satisfaits, pour pouvoir ensuite faire des demandes claires à notre partenaire. Eh! Oui! Des demandes claires! C’est un outil puissant pour la responsabilité en relation! Cela se passe de cette manière:

« Je reconnais mon besoin,
je clarifie comment je désire qu’il soit répondu et
je le verbalise clairement et directement dans la relation. »

Je vous invite à regarder cette vidéo qui explique simplement et précisément la psychologie de la responsabilité en relation.

 

Comment s’affirmer en relation renforce notre capacité à nous responsabiliser?

Troisièmement, regardons ensemble comment s’affirmer avec responsabilité dans la relation.
Nous avons quatre pouvoirs: ressentir, penser, dire, agir. À partir de ces différentes compétences, nous nourrissons la relation à l’autre. Nous comprenons également que nos émotions sont des guides. En effet, elles favorisent la connexion à soi-même pour orienter le passage à l’action satisfaisante et créatrice.

Une fois l’émotion accueillie, reconnue, entendue
et le besoin clarifié,
nous sommes en mesure de parler et d’agir pour notre propre épanouissement.

Lorsque nous faisons une demande claire, l’autre n’est pas obligé d’y répondre comme telle!
L’autre aussi a ses émotions et ses pensées comme outils de connaissance de lui-même; et ses paroles et actions comme moyens d‘affirmation de sa responsabilité en relation.
L’autre n’est pas responsable de mon bien-être et de mon bonheur. Cette responsabilité m’appartient!
Je ne suis pas responsable de son bien-être et de son bonheur. Ça lui appartient! Par contre, ensemble, nous pouvons certainement trouver des moyens, des ententes, une organisation, un momentum pour que les besoins soient rencontrés.

Nous sommes en tout temps responsables de nos ressentis, de nos émotions, de nos pensées et de nos actions.

Il me semble important de préciser que, par exemple, ce n’est pas l’autre qui me met en colère. C’est moi qui suis en colère. Ma colère me parle d’un besoin de clarifier mes limites ou d’apprendre à mettre des mots sur ce que je vis pour être compris.e. Ce n’est pas l’autre qui me frustre. Ma frustration m’appartient. Elle me montre que j’ai à trouver des moyens concrets et des stratégies différentes pour m’exprimer, m’affirmer et satisfaire mes besoins.

Comment s’affirmer avec respect et responsabilité en relation?

Je tiens à vous résumer un cheminement pour s’affirmer avec responsabilité en relation :

  • Partager à l’autre comment nous nous sentons authentiquement,
  • Nommer clairement le besoin présent,
  • Proposer une manière d’y répondre qui nous convient,
  • Accueillir comment l’autre se sent face à ça,
  • Entendre et respecter son besoin,
  • Valider ensemble une façon de répondre au besoin tout en respectant chaque personne présente,
  • Aller de l’avant ensemble, en suivant ce qui a été décidé,
  • Ajuster au fur et à mesure, en partageant comment nous nous sentons et les nouveaux besoins qui émergent…

C’est comme une danse!

Parfois, on s’emmêle les pieds. Parfois, c’est juste magique!
Voilà la beauté des relations humaines!

 

Pour conclure

J’ai le goût de vous dire Ô combien cette façon de communiquer allège les relations et diminue la pression psychologique des partenaires. Lorsque je peux avoir confiance que mon partenaire va me dire comment il se sent et de quoi il a besoin sans filtre, sans censure, c’est tellement relaxant. Un Oui devient toujours un vrai Oui. Et un Non clair me permet de me réajuster rapidement. Ça enlève bien des complications.

Évidemment, cette manière de communiquer se développe avec du temps, de la persévérance et une bonne dose de remise en question et d’humour! Voici quelques ouvrages de référence pour aller plus loin.
Je reste disponible pour vous si vous souhaitez en parler d’avantage!

Bibliographie

Colette Portelance (2001 ). La communication authentique. Édition du CRAM. Montréal, Québec, Canada.
Michelle Larrivey (2004). Le défi des relations, comment résoudre nos transferts affectifs. Les éditions de l’homme. Montréal, Québec.