Jusqu’à la fin de ma vingtaine, je survivais sans le savoir. Ma façon de « gérer mes émotions » étaient inefficace et épuisante. La plupart du temps, je me battais contre mes ressentis, je me jugeais et je me sentais coupable. Ou bien, je piétinais mes élans du coeur car ils ne correspondaient pas à ce que je pensais qu’on attendait de moi. Cela a commencé à s’améliorer avec ma première formation au CRAM (Centre de Relation d’Aide de Montréal) à partir de 2004. Depuis, je n’ai jamais cessé de m’outiller pour accueillir et canaliser mes émotions.
Il me tient à coeur de partager mes outils avec vous. Je vous en donne quelques-uns, et à vous de choisir ce qui vous parle, dans l’ordre qui vous convient.

Développer la conscience corporelle pour accueillir et canaliser l’émotion

L’émotion agit sur le corps en profondeur. Qui n’a pas eu les mains moites devant un examen? Ou le coeur rapide et fort face à un être aimé? Il est évident que le phénomène émotionnel est lié au corps. Donc, pour être en mesure de l’accueillir, nous avons à prendre soin d’habiter ce corps. Plusieurs techniques et approches existent et je vous fais confiance pour trouver celle qui vous convient.
Pour ma part, je me suis investie dans plusieurs disciplines corporelles (danse, arts-martiaux…) avant de découvrir le yoga. Et maintenant, je suis convaincue par cette approche tant elle réunit différents aspects qui me comblent de joie et me passionnent.
 Le premier outil dont j’ai le goût de vous parler est la respiration.

Comment la respiration peut aider à accueillir et canaliser les émotions?

Dans le moment présent, en écrivant ces mots, je ne sais pas vraiment comment m’y prendre pour vous faire passer le message. Je me mets de la pression. Et plus précisément, je ressens cette pression au niveau du thorax. Évidemment, cela me tient vraiment à coeur de vous partager cet outil, que vous compreniez son importance. Alors mes pensées défilent vite dans ma tête et je me sens confuse. En prenant une respiration profonde, généreuse et ample, ici-maintenant; mes pensées s’apaisent. En continuant de respirer lentement et profondément par le nez, je sors de ma peur d’être incomprise et simplement je trouve les mots.

La respiration profonde et ample:

Elle permet d’être dans le corps et d’éviter de donner trop d’importance aux pensées limitantes (peurs non-fondées) et destructrices (jugements). Cette façon de respirer s’apprend. Enfin, pour être complètement honnête, les bébés l’ont naturellement. Par contre, en grandissant, nous l’avons perdue. Et il faut la réapprendre.
En effet, nombre d’entre nous avons appris à respirer de façon inversée. C’est-à-dire que nous rentrons le ventre à l’inspiration et le laissons se relaxer à l’expiration.
Observez: est-ce que c’est ce que vous faites? Cette respiration inversée est en dysharmonie complète par rapport au fonctionnement du diaphragme, muscle principal de la respiration.

Comment la réaliser?

La respiration profonde et ample se caractérise par une détente du ventre à l’inspiration. D’abord, avec un remplissage complet des poumons, du bas des côtes jusqu’au épaules, le corps se relaxe et l’espace dans le thorax s’ouvre avec plus d’aisance.
Ensuite, une expiration lente et contrôlée sans effort désagréable, par le nez si possible, calme le système nerveux central. Nous observons alors un ralentissement des pensées. C’est simple et efficace.
Une fois cette respiration réalisée, il est plus facile de s’assoir et de méditer.

Comment la méditation aide à accueillir et canaliser l’émotion?

Ici, je tiens à clarifier le sens de méditation. Pour illustrer mon propos, je vais prendre un exemple concret: mon père. Il adore conduire. Pour lui, c’est un moment où il se sent en contrôle et relaxe à la fois. Il passe dans sa tête les situations de sa vie, il les réfléchit, les commente intérieurement et prend des décisions sur les prochaines actions à poser. Cela correspond à l’expression: « Médite là-dessus. »
Et bien, ce n’est pas cette réflexion sur le vie que je vous propose d’explorer ici!
La méditation dont je vous parle est un moment de complète présence au corps et au vécu en lien avec le présent dans le corps. Les pensées, les réflexions, les émotions ne sont pas le point focal de la méditation. Il s’agit de descendre dans le ressenti corporel et de se centrer au-delà des mots, des sons, des émotions et des contingences de notre condition humaine.

Une courte méditation pour vous centrer:

Avant de l’écouter, installez-vous confortablement sur une chaise dont l’assise est la plus horizontale possible. Mettez vos pieds au sol. Ou prenez la posture habituelle pour méditer, le dos bien droit. Si c’est possible, coupez toute source de dérangement (Facebook, téléphone et autre).
Bonne expérience.

Alors, j’espère que cela vous a plu!

Lorsque nous faisons cesser le discours intérieur, doucement nous entrons en contact avec nos ressources intrinsèques. Il y a une solidité, une stabilité dans notre corps, lorsque nous cessons de nous tourmenter à propos de la vie.

Les bienfaits de la méditation:

À force de pratiquer la méditation, le chemin intérieur devient plus facile, plus direct, plus naturel. De sorte que, nous sommes mieux en mesure d’observer et d’accueillir l’émotion lorsqu’elle émerge. Aussi, il y a un espace d’enracinement en nous d’où nous pouvons choisir la prochaine action à poser en direct dans le moment présent. Plutôt que d’être embarqués dans des comportements réflexes, liés à notre histoire, nous devenons plus libres de nos actions.
D’après l’histoire du yoga, les sages yogi ont développé les postures de yoga pour pouvoir s’assoir en méditation confortablement. D’ailleurs, asana veut dire « posture confortable » en sanscrit. De mon expérience, rester longtemps assise à méditer sans bouger peut entraîner ou révéler des douleurs dans le corps. Une pratique d’exercices adaptés est un outil précieux pour ce cheminement vers l’intérieur.

Comment l’exercice physique aide à accueillir l’émotion?

Déjà, nous pouvons toutes et tous constater que bouger amène du confort dans le corps. Il y a un sentiment de puissance et de confiance en soi qui s’installe après l’effort physique. Même pelleter la neige – ici au Québec on n’en manque pas! – amène la satisfaction de la tâche accomplie et du corps vigoureux.
Lorsque nous installons une habitude d’activité physique respectueuse du corps, dans nos vies, nous augmentons notre capacité à accueillir nos émotions et à réaliser nos objectifs. Pour plusieurs raisons d’ailleurs:

  • Confiance en soi et en ses capacités physiques
  • Diminution des douleurs et augmentation du confort
  • Oxygénation efficace du corps et du cerveau, donc maintien des processus de santé
  • Libération du mental pendant l’activité: Souvent, nous ne pensons pas, nous agissons
  • Fierté personnelle
  • Conscience corporelle
    Et d’autres raisons auxquelles je ne pense pas là tout de suite…

L’exercice physique enracine le sentiment de confiance corporel et la conscience de nos capacités physiques réelles, à condition d’être pratiquée avec écoute de soi, respect du corps et présence.

Pour finir, j’ai le goût de partager un peu plus de mon parcours avec vous. Lorsque je pratiquais les arts martiaux, j’étais remplie d’une énergie de combattante. J’étais prête à faire face au danger. Prête à trouver les moyens de survivre coûte que coûte. Je pratiquais un peu de yoga quand j’étais blessée, ou avec la même intensité que les arts-martiaux quand j’allais bien. Je me sentais puissante et musclée. Mais cette position de combattante face à la vie m’épuisait progressivement. En découvrant la pratique du Yoga Pranala, et en approfondissant la connaissance et l’acceptation de moi, j’ai changé mon rapport à la vie. Aujourd’hui, je ne suis plus dans un combat. Je suis dans une recherche d’accueil, d’ouverture, de compréhension et d’acceptation. Je peux vous dire bien humblement que c’est relaxant. Ça fait vraiment du bien. Et ça change ma vie pour le mieux.

Merci de lire mes articles.